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Pauline - La femme, selon moi, doit être libre.

Je fais principalement du nu artistique, pourquoi ?

Car je pense que le corps humain est beau, vraiment.

Que nous sommes tous nés nus et que le corps féminin, lorsque qu’il est bien représenté, peut faire surgir de nombreuses émotions chez le public.

La femme, selon moi, doit être libre.

Libre de son corps, libre de ses émotions, libre d’elle même.

Je m’appelle Pauline, j’ai 21 ans, j’habite depuis toujours dans un petit village près de Dijon et je suis née également dans la région.

Je vais vous raconter mon histoire, en essayant d’être la plus claire possible …

 

Je suis née dans une famille aimante, mes deux parents sont ensemble depuis 26 ans et viennent tout juste de se marier. J’ai une sœur aînée de 2 ans, qui se nomme Marie, et avec qui j’ai toujours eu de très bons rapports. Nous avons toutes les deux grandit dans une famille encourageante, protectrice …

Ma mère, auxiliaire de puériculture, a longtemps fait de la danse durant sa jeunesse. Elle m’en a toujours parlé comme étant une passion, un vecteur d’émotions. Je me suis alors intéressée à la danse, sûrement grâce à elle. J’ai donc décidé de m’inscrire à l’âge de 8 ans dans une petite école de danse Modern’ Jazz, là où j’ai pu vraiment comprendre à quel point j’aimais cela. Ma professeure de danse était très proche de moi, presque maternante.

Je me souviens que durant cette même époque, un soir de réveillon de la St Sylvestre, j’étais tombée sur la chaine ARTE, qui diffusait le spectacle du Crazy Horse. Je n’avais alors que 8 ans, et avais déjà été émerveillée par la beauté de ce spectacle, par la sensualité de ces femmes, toutes plus belles les unes que les autres. Ce soir là, j’ai décidé que je voulais DANSER AU CRAZY HORSE.

 

J’en ai alors parlé à ma professeure de danse, ainsi qu’à mon entourage. Ils m’ont tous conseillé de prendre des cours de danse classique, afin d’avoir des bases, comme un musicien aurait besoin de cours de solfège …

J’ai donc suivi ces conseils et mes parents m’ont inscrite dans une école privée de danse classique de la région Dijonnaise. Après 1 an là-bas, ma maman m’a soumis l’idée de passer l’audition afin d’intégrer les Classes à Horaires Aménagés Danse proposées par le Conservatoire à Rayonnement Régional de Dijon (Sport-étude danse). J’ai validé cette audition et y suis donc restée 3 ans, de la classe de 5ème à la 3ème en internat. Ce concept m’a beaucoup plu puisqu’on nous y a enseigné la danse classique, la danse contemporaine, la formation musical danseurs, l’histoire de l’art etc … J’étais vraiment épanouie, entourée de gens comme moi : passionnées d’arts…

 A la fin du collège, j’avais 15 ans, et est venu le moment des inscriptions au lycée. Sans savoir vraiment trop ce que je souhaitais faire, j’ai effectué une seconde générale qui s’est très mal déroulée. Je me suis alors réorientée et ai décidé de passer un Baccalauréat Professionnel d’aide et d’accompagnement à la personne, en clair, un bac pour devenir infirmière …

Je n’étais pas du tout épanouie durant ces trois années mais j’ai tout de même eu mon baccalauréat avec mention.

Heureusement, lorsque j’ai eu 16 ans, une opportunité s’est présentée à moi et j’ai pu intégrer en tant que danseuse, un cabaret près de Dijon tout en continuant le lycée. Les documents à fournir à la préfecture, au lycée etc pour que j’ai le droit d’intégrer ce cabaret étaient nombreux, car je n’étais pas encore majeure …

Le conservatoire me manquait beaucoup, mais je continuais la danse classique et modern’jazz au Centre Chorégraphique de Bourgogne.

Après mon bac, j’ai intégré sur concours, une école qui forme aux métiers du social. J’étais en formation d’éducateur de jeunes enfants … Je suis entrée dans cette école car je ne savais pas trop quoi faire après mon baccalauréat et que finalement, la société pousse les jeunes à faire des études, en leur faisant croire indirectement que plus ils feront des années d’études et plus ils seront heureux …J’ai mis du temps à comprendre que c’était faux !

Après avoir effectué 1 an et demi de cette formation j’ai décidé d’arrêter complètement car je n’étais plus du tout épanouie, ni avec les étudiants de ma promotion, ni avec les enfants, ni personne … Mon envie ultime de devenir une artiste avait resurgi depuis quelques temps et ne quittait pas mon esprit … Il fallait que je le fasse et … MAINTENANT !

Mes parents ont été très compréhensifs car ils ont toujours vu que j’avais toujours passer mon temps depuis toute petite à rêver d’être une artiste, à me déguiser, à me maquiller, à créer des spectacles pendant les réunions de famille …

Et l’envie de danser au Crazy Horse ne m’était toujours pas passée …

J’ai d’ailleurs toujours la chance de travailler dans le cabaret que j’ai intégré il y a bientôt 5 ans. Je me vois évoluer au sein de l’équipe, et c’est très plaisant. Je peux dire que je n’ai pas eu une adolescence des plus classiques. La plupart de mes ami(e)s passaient leurs weekend en soirée, en boite de nuit. Moi je ne suis sortie que très peu, car au lieu de cela, j’étais au cabaret pour des répétitions, des spectacles, ce qui m’a toujours convenu d’ailleurs. Je ne suis pas comme les autres, et je n’ai pas évolué de manière conventionnelle comme une adolescente de 16-18 ans qui irait prendre des « cuites » en soirée … Je n’ai jamais eu envie de cela, j’ai tout de suite été baignée dans un monde d’adultes … Je suis d’ailleurs, toujours la plus jeune au cabaret.

Pour ce qui est de la photographie, je suis plutôt débutante … J’ai été contactée il y a 10 mois environ par un photographe, spécialisé dans le nu artistique, et qui m’a proposé une collaboration studio, dans un premier temps. J’avais justement en tête de me lancer dans la photographie afin d’être la plus polyvalente possible, et pour moi, cela était très complémentaire à la danse. J’ai donc accepté. La séance s’est très bien déroulée et j’étais ravie du résultat.

Ce photographe m’a alors présenté à d’autres photographes dijonnais le soir d’un dîner « rencontre photographiques ». Et puis de fils en aiguilles, ces photographes m’ont proposés des collaborations, en adéquation avec ma personnalité, mes centres d’intérêts et j’ai donc pu avoir la chance de réaliser de très bons shooting sur différents thèmes avec des photographes excellents et d’une gentillesse rare !

Ces derniers mois, j’ai donc découvert le milieu de la photographie, les différentes techniques, quelques notions, notamment en ce qui concerne la lumière. J’ai posé en duo, parfois en trio, ce qui m’a permis de prendre de l’expérience chez d’autres modèles.

  

Je fais principalement du nu artistique, pourquoi ? Car je pense que le corps humain est beau, vraiment. Que nous sommes tous nés nus et que le corps féminin, lorsque qu’il est bien représenté, peut faire surgir de nombreuses émotions chez le public. La femme, selon moi, doit être libre. Libre de son corps, libre de ses émotions, libre d’elle même.

Malheureusement, il y a encore trop d’endroits dans le monde où les femmes n’ont pas acquis les mêmes droits que les hommes et je trouve cela bien dommage. Je me sens parfois un peu féministe sur certains points. Une femme devrait pouvoir se balader nue dans la rue, sans risquer des jugements, des injures, ou pire, des violences physiques … La femme a droit à la nudité autant que l’homme.

J’ai pu discuter avec un certain nombre d’individus qui ne comprennent pas le nu artistique et qui interprètent mal les clichés : pour eux, un modèle nu artistique féminin est une fille facile et ils y voient une connotation sexuelle alors que pour moi, la nudité ne rime aucunement avec la sexualité ou même la vulgarité.

Certains clichés attisent le fantasme, la sensualité, tout comme le feraient des danseuses de cabaret d’ailleurs … mais seules les personnes avec un peu de bon sens sont capables d’y voir le côté artistique, l’émotion que dégage la photo et ce qu’ont voulu représenter aussi bien le photographe que le modèle.

 

Je veux dire par là qu’on ne fait pas du nu, juste pour faire du nu, ou juste pour montrer son corps, mais plutôt pour un projet bien défini avec des objectifs communs à ceux du photographe.

La photographie mais plus particulièrement le nu artistique peut s’avérer être une véritable thérapie pour certaines personnes. En effet, la société tend à croire que les gens posent parce qu’ils se trouvent beaux, mais en réalité, c’est généralement complètement l’inverse …

Pour ma part, j’ai un certain nombre de complexes, que j’arrive à oublier lorsque je pose. C’est incroyable les sensations que l’on ressent lorsque l’on pose, elles sont d’ailleurs similaires à celles que je ressens lorsque je danse.

 

J’ai  donc toujours été habituée aux réflexions des gens non seulement sur mes photographies, mais également sur le cabaret, car il ne faut pas oublier que j’y danse depuis mes 16 ans, et que pour certaines personnes, à 16 ans, on ne doit pas avoir ce genre de passion !

En fait, je ne demande pas aux gens d’apprécier ce que je fais, mais de le respecter …

De toute façon, avec l’expérience, l’on comprends vite que lorsque quelque chose sort du cadre, cela dérange ! Ce qui n’est pas conventionnel dérange la société ! En effet, j’aurai pu être passionnée de cuisine, mais non ! Je suis passionnée par le cabaret et le nu artistique, et c’est comme ça !

Je profite cependant pleinement des encouragements des personnes (et il y en a !) qui comprennent ma passion et je suis très fière de ce que j’ai accompli !

 

J’aimerai par la suite évoluer dans le domaines des arts du spectacle. J’ai pu avoir la chance il y a quelques mois d’obtenir un petit rôle dans un long-métrage avec de grands acteurs français. Cette expérience a été fabuleuse également !

Et je remercie grandement les gérants du site Urban Art Nomads de m’avoir proposer cette interview. Je suis ravie d’avoir pu raconter mon histoire à coeur ouvert et sans tabou. Urban Art Nomads est un très bon magasine web, qui permet à de nombreux jeunes artistes de s’exprimer librement sur leurs envies, leurs passions et c’est primordial !

Le message que je pourrais faire passer pour finir, c’est de croire en vous, faire ce que vous aimez et ce qui fait battre votre coeur. Les jugements des autres ne doivent pas avoir d’impact sur vous. Le plus important, c’est vous, et les émotions que vous dégagez par votre art pour les gens qui vous soutiennent …

Vous pouvez d’ailleurs retrouver mon travail artistique sur ma page

Instagram @paulinartistique 

 

Photographers: 

Xavier Dolin

Edmond Nowak

Mikaël Roubineau